DSO à 65 jours : les PME françaises ont-elles les bons outils pour encaisser plus vite ?

DSO à 65 jours : les PME françaises ont-elles les bons outils pour encaisser plus vite ?

Le délai moyen de règlement des factures reste une plaie pour les trésoreries des PME et ETI françaises. Avec un DSO qui a grimpé à 65 jours selon l’Agicap Data Pulse, les directions financières cherchent des leviers concrets pour raccourcir le cycle entre l’émission d’une facture et l’encaissement effectif. L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme la réponse la plus structurée à ce défi.

Quand le cycle Invoice-to-Cash pèse sur le BFR

Le cycle Invoice-to-Cash (I2C) regroupe toutes les étapes qui séparent la facturation de l’argent reçu : émission de la facture, contrôle du risque crédit, suivi des échéances, relances, gestion des litiges, puis réconciliation comptable. Chaque maillon défaillant allonge le DSO et détériore le Besoin en Fonds de Roulement. Or, selon l’Agicap Data Pulse, 24 % des entreprises affichent un DSO supérieur à 60 jours faute de relances suffisantes, et 25 % maintiennent un niveau correct seulement au prix d’un effort administratif très lourd, avec plus d’une relance par facture en moyenne.

À cela s’ajoute une pression réglementaire nouvelle : depuis le 1er septembre 2026, la réception de factures électroniques est obligatoire pour toutes les entreprises. L’émission deviendra obligatoire pour les PME dès septembre 2027. Cette réforme impose de revoir les processus existants, et beaucoup d’organisations ne s’y sont pas encore pleinement préparées. Le baromètre ARC/Ifop 2026 révèle que 4 dirigeants sur 10 redoutent des comportements de mauvaise foi pour retarder les paiements, et la moitié des entreprises doutent que les TPE/PME soient techniquement prêtes.

L’IA au cœur du recouvrement : de l’automatisation à l’anticipation

C’est dans ce contexte que les plateformes I2C pilotées par l’IA gagnent du terrain. Cashontime se positionne sur ce créneau avec une approche qui couvre l’intégralité du cycle dans un environnement unifié : scoring dynamique du risque client en temps réel, automatisation des relances, détection précoce des litiges et amélioration des prévisions de trésorerie. L’objectif affiché est d’éliminer les tâches manuelles répétitives et de standardiser les processus entre filiales, pour libérer les équipes financières des opérations à faible valeur ajoutée.

Cette tendance vers l’IA agentique, c’est-à-dire des agents capables d’exécuter des workflows sans intervention humaine, constitue une rupture dans la manière d’aborder le poste client. Pour les DAF, il ne s’agit plus seulement d’automatiser les relances, mais de piloter le risque crédit en continu et d’agir avant que les retards ne s’installent. Le Panorama PME-ETI 2025 souligne d’ailleurs que seule la moitié des directions financières envoient aujourd’hui des rappels avant la date d’échéance, alors que c’est l’un des leviers les plus efficaces pour réduire le DSO.

Le poste client, gisement de cash encore sous-exploité

Repositionner le recouvrement comme un levier stratégique plutôt qu’une fonction administrative, c’est le changement de perspective que l’IA rend crédible. Les organisations les plus avancées dans la digitalisation de leurs processus de traitement de factures atteignent un coût inférieur à 3 euros par unité, contre 12 à 15 euros en moyenne selon Ardent Partners. L’écart est considérable, et il se retrouve directement dans la compétitivité financière de l’entreprise.

Pour les dirigeants et responsables financiers, l’enjeu est donc double : se conformer aux nouvelles obligations réglementaires tout en transformant cette contrainte en opportunité d’optimisation durable. Accélérer les encaissements, réduire les litiges et sécuriser le risque client sont des objectifs qui valent bien un audit sérieux des outils en place.