Vous gagnez 2 400 euros brut par mois sur une base temps plein. Votre employeur vous propose un passage à 80 %, ou vous envisagez un mi-temps à 50 %. Avant de signer, vous voulez savoir combien atterrira réellement sur votre compte. Le calcul ne se limite pas à diviser le brut par deux ou à retirer 20 % : les cotisations sociales, le statut cadre ou non-cadre et le prélèvement à la source modifient le résultat.
Cotisations sociales et taux de prélèvement : ce qui change le net réel
Quand on parle de passer du brut au net, on pense souvent à un pourcentage unique. En pratique, plusieurs lignes de cotisations se cumulent sur la fiche de paie : assurance maladie, retraite de base, retraite complémentaire, CSG, CRDS, chômage.
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Pour un salarié non-cadre du secteur privé, l’ensemble de ces cotisations représente environ 22 à 23 % du salaire brut. Un cadre voit ce taux grimper autour de 25 %, principalement à cause de la cotisation APEC et d’une tranche de retraite complémentaire plus élevée.
Le passage à temps partiel ne modifie pas ces taux. Les cotisations s’appliquent au même pourcentage, mais sur un brut réduit au prorata. Autrement dit, si votre brut diminue, votre net baisse dans la même proportion, à taux de cotisation identique.
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Salaire net à 80 % sur une base de 2 400 euros brut
Travailler à 80 % signifie effectuer 28 heures par semaine au lieu de 35. Votre salaire brut mensuel est recalculé au prorata temporis : 2 400 euros multipliés par 0,80, soit 1 920 euros brut par mois à 80 %.
Passons au net. En appliquant le taux de cotisations habituellement constaté pour un non-cadre (environ 22 à 23 %), le salaire net avant impôt se situe aux alentours de 1 478 à 1 498 euros. Pour un cadre, le net avant impôt tombe un peu plus bas, autour de 1 440 euros.
Et après le prélèvement à la source ?
Le net affiché sur la fiche de paie n’est pas celui que vous recevez par virement. Depuis 2019, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu est directement déduit. Votre taux personnalisé (visible sur votre espace impots.gouv.fr) s’applique au net imposable.
Avec un net imposable mensuel proche de 1 500 euros, un taux de prélèvement de quelques points suffit à retirer encore plusieurs dizaines d’euros. Le net après impôt à 80 % pour un non-cadre tourne donc autour de 1 400 à 1 480 euros, selon votre situation fiscale personnelle.
Salaire net à 50 % sur une base de 2 400 euros brut
À mi-temps, la logique est la même. Le brut mensuel passe à 2 400 multiplié par 0,50, soit 1 200 euros brut par mois à 50 %.
Après déduction des cotisations salariales, un non-cadre obtient un net avant impôt situé autour de 924 à 936 euros. Un cadre se rapproche de 900 euros nets avant impôt.
Le prélèvement à la source pèse proportionnellement moins sur un revenu plus faible : le taux personnalisé peut baisser si vos revenus annuels diminuent. Pensez à actualiser votre taux sur le site des impôts après un passage à mi-temps, sous peine de continuer à payer sur la base de votre ancien revenu temps plein pendant plusieurs mois.
Tableau récapitulatif : 2 400 brut temps plein, 80 % et 50 %
| Temps plein (100 %) | 80 % | 50 % | |
|---|---|---|---|
| Brut mensuel | 2 400 € | 1 920 € | 1 200 € |
| Net avant impôt (non-cadre, estimation) | ~1 848-1 872 € | ~1 478-1 498 € | ~924-936 € |
| Net avant impôt (cadre, estimation) | ~1 800 € | ~1 440 € | ~900 € |
Ces montants sont des estimations calculées sur la base de taux de cotisations moyens constatés en 2026. Le montant exact dépend de votre convention collective, de votre mutuelle d’entreprise et de votre prévoyance.

Temps partiel et heures complémentaires : un piège fréquent sur la paie
Vous travaillez à 80 % mais votre manager vous demande régulièrement de rester plus longtemps. Ces heures au-delà de votre contrat de 28 heures ne sont pas des heures supplémentaires tant que vous restez sous 35 heures. Ce sont des heures complémentaires, majorées différemment des heures supplémentaires.
- Les heures complémentaires effectuées dans la limite de 10 % de la durée contractuelle sont majorées d’au moins 10 %.
- Au-delà de 10 % et jusqu’à un tiers de la durée contractuelle, la majoration passe à au moins 25 %.
- Ce n’est qu’en dépassant 35 heures hebdomadaires que le régime classique des heures supplémentaires s’applique, avec une majoration d’au moins 25 % dès la première heure.
Cette distinction a un impact direct sur votre net mensuel. Si vous faites régulièrement des heures complémentaires à 80 %, votre paie réelle sera supérieure au calcul théorique, mais pas autant que si ces heures étaient payées en supplémentaires.
Mutuelle, prévoyance et convention collective : les variables cachées
Le taux de cotisation moyen donne une estimation, pas un montant exact. Deux postes reviennent souvent en surprise sur les fiches de paie à temps partiel.
- La cotisation mutuelle d’entreprise reste souvent forfaitaire, quel que soit le temps de travail. Un salarié à 50 % paie la même cotisation qu’un collègue à temps plein, ce qui pèse proportionnellement plus lourd sur un salaire réduit.
- Certaines conventions collectives prévoient des cotisations de prévoyance ou de retraite supplémentaire qui viennent encore réduire le net.
- Le plafond de la Sécurité sociale s’applique au prorata du temps de travail, ce qui peut modifier le calcul des cotisations plafonnées pour les cadres.
Avant de valider un passage à temps partiel, demandez à votre service paie une simulation personnalisée. Les simulateurs en ligne donnent un ordre de grandeur, mais seule votre fiche de paie réelle intègre toutes ces variables.
Un dernier point à garder en tête : la durée minimale légale de travail à temps partiel est de 24 heures par semaine, sauf accord de branche ou demande écrite du salarié. Un mi-temps à 17,5 heures nécessite donc une démarche spécifique. Vérifiez ce point avant de formaliser votre demande auprès de votre employeur.

